Communiqué de presse : JOY, la plateforme d’informations sur les enfants et la Covid-19 à l'intention des enfants et jeunes, de leurs parents, des travailleurs et prestataires de soins à l’enfance et à la jeunesse et des enseignants

« Nous devons d'urgence trouver un équilibre entre d’une part le bien-être psychosocial et l’intérêt supérieur de l’enfant et d’autre part le prix élevé que les enfants paient pour cette crise »

Les mesures plus strictes annoncées ce lundi par le Conseil national de sécurité visent à réduire la propagation du coronavirus, afin notamment de permettre une rentrée scolaire la plus normale possible en septembre. La Belgian Pediatric Task Force, la Commission nationale pour les droits de l’enfant et diverses associations qui défendent les droits et le bien-être des enfants en Belgique demandent plus d’attention sur l’énorme impact négatif de la crise du Coronavirus sur le développement, le bien-être et la sécurité de tous les enfants belges, et en particulier les plus vulnérables. La limitation de la bulle, la fermeture des écoles, la rareté des contacts avec amis et famille et le manque d’activités sociales, sportives, créatives et culturelles a lourdement touché notre plus jeune génération.
« L’équilibre est perdu », constate Delphine Jacobs, Pédopsychiatre. « L’impact et les risques de cette crise sanitaire sur le bien-être psychosocial des enfants et des jeunes doivent être rééquilibrés avec leurs droits et leurs besoins en matière de développement et de bien-être. »

JOY se veut une plateforme d’informations qui tisse du lien entre les initiatives existantes et qui offre des informations claires et scientifiquement étayées sur la COVID-19 et les enfants. Les initiateurs de cette plateforme veulent supprimer ou au moins réduire les peurs et l’incertitude ambiante qui entourent les enfants, les jeunes et les personnes de leur entourage. La plateforme, en tant que base de soutien positif, se concentrera sur l’importance des différents domaines de développement pour le bien-être psychosocial de l’enfant et ses droits, et apportera des réponses aux questions qu’ils se posent, mais aussi à celles de leurs parents et des travailleurs et prestataires de soins à l’enfance et à la jeunesse et à celles des enseignants.  

« En tant que Première ministre et en tant que maman de quatre enfants, j’ai conscience de la difficulté qu’a pu représenter le confinement aussi pour les plus jeunes d’entre nous. Je suis heureuse d’avoir l’opportunité de soutenir la plateforme JOY qui regroupera les initiatives et les connaissances des différents organismes et experts de notre pays afin que les parents et les prestataires de soin puissent bénéficier d'un support positif. Il est essentiel que la jeune génération puisse aussi se sentir en sécurité et que les jeunes continuent de se développer à tous les niveaux, malgré la situation sanitaire particulière. »

Sophie Wilmès, marraine de la plateforme JOY

Ann De Guchtenaere, Secrétaire Générale de la European Academy of Pediatrics et Présidente de l’Académie belge de Pédiatrie explique : « Au début de l’épidémie, il y avait beaucoup d’incertitude sur le rôle des enfants quant à la propagation du virus. Entre-temps, de nombreuses études ont montré que les enfants en âge de fréquenter l’enseignement primaire ne sont pas le moteur de la crise de la Covid-19. Ils sont moins sujets aux infections et s’ils sont infectés, ils sont moins gravement malade. Les études disponibles sur les jeunes, soit les jeunes en âge de fréquenter l’enseignement secondaire, convergent dans ce sens même si ces données doivent encore être consolidées. Maintenant que les choses sont plus claires à ce sujet, il est urgent que nous diffusions largement ces connaissances afin de limiter autant que possible l’effet négatif de la crise sur le développement des enfants et les jeunes. Avec la mise en place de ces nouvelles mesures, ne prenant pas en compte les enfants de moins de 12 ans dans la bulle, on voit déjà que le gouvernement a pris cette réalité en compte. Le durcissement des mesures vise à assurer un redémarrage normal des écoles en septembre.»

« Les enfants paient un prix trop élevé durant cette crise sanitaire. Les conséquences des précautions sur leur développement, non seulement maintenant, mais peut-être même pour la vie, sont disproportionnées par rapport à la place qu'occupent les enfants dans cette pandémie. Problèmes de sommeil, troubles anxieux et de l’humeur, perte et augmentation de l’appétit, problèmes de motivation scolaire et de concentration,…: ce sont des symptômes inquiétants, que les enfants les plus vulnérables rencontreront plus fréquemment. On a mis l'accent sur les risques et leur minimalisation à tout prix. Avec JOY, nous voulons souligner l’importance et l’effet positif du sport, de l’école, des loisirs et des activités, des amis et de la famille sur le bien-être des enfants. Nous ne devons pas seulement considérer les risques d’infection, mais aussi rechercher un bon équilibre, car tous ces aspects sont cruciaux pour le développement sain d’un enfant. Nous sommes heureux que le gouvernement n’ait pas annoncé de mesures plus strictes pour les camps et les pleines de jeux, car ce type d’activités est essentiel pour le bien-être des enfants », complète Delphine Jacobs.

La crise sanitaire affecte non seulement le bien-être psychosocial des enfants et des jeunes, mais entraîne également une érosion significative des droits de l’enfant. En particulier pour ceux qui sont dans les situations les plus vulnérables, l’impact négatif sur, entre autres, le droit à l’éducation, à la santé, aux loisirs et à la sécurité est énorme. « Même en temps de crise, les droits des enfants doivent pouvoir être garantis de manière optimale, avec une attention particulière envers enfants les plus vulnérables. La campagne JOY, une approche concertée entre gouvernements, experts en pédopsychiatrie, et experts et organismes de défense des droits de l’enfant, vise à réduire l’impact négatif de la crise du Coronavirus sur le développement, le bien-être et les droits des enfants et des jeunes en Belgique. Elle rejoint notre volonté de créer avec tous les acteurs concernés un ‘réflexe des droits de l’enfants’ qui implique que leur intérêt supérieur soit examiné et pris en compte dans chaque prise de décision qui les concerne. Nous soulignons également l’importance d’une communication adaptée et dirigée vers les enfants et les jeunes, en vue de leurs droits à l’information et à la participation », selon Karen Van Laethem, Présidente de la Commission nationale pour les droits de l’enfant.

Chiffres sur le bien-être psychosocial des enfants en Flandre durant la crise du Coronavirus

Une enquête en ligne à grande échelle auprès de 44.000 enfants néerlandophones (8-17 ans) du Commissariat aux Droits de l’Enfant, du Centre de connaissance pour les droits de l’enfant et de la Coalition des droits de l’enfant en Flandre a donné la voix aux enfants et aux jeunes. En voici les résultats les plus importants :

Un enfant sur 3 a peur de tomber malade et 2 enfants sur 3 ont peur pour leur famille et leurs amis. La solitude et l’ennui sont bien plus forts qu’avant la crise. Ce qui a le plus manqué aux  enfants et jeunes, ce sont surtout leurs amis, leur famille et leurs loisirs. Les résultats de l’enquête confirment le signal lancé par les travailleurs sociaux quant à l’augmentation de la violence intrafamiliale durant le confinement. Un enfant et 1 adolescent sur 2 disent que les disputes à la maison sont plus fréquentes. Un enfant et 1 adolescent sur 10 subissent parfois des violences physiques ou verbales. Parmi ces enfants, la majorité indique que la violence est plus courante depuis l’apparition du Coronavirus.

L’enquête révèle également clairement que l’école a une place très importante dans la vie des enfants et des jeunes : l'école manque à 70% des enfants et 45% des jeunes. 85% des enfants disent vouloir retourner à l’école contre 72% chez les jeunes. Près d’un enfant sur deux déclare avoir plus de stress en travaillant à la maison pour l’école. Et cela augmente à chaque passage d'année scolaire. Pour 1 sur 4, il y a trop d'activité à la maison pour faire ses devoirs. Près de la moitié des enfants ne comprennent pas toujours leurs devoirs et 1 jeune sur 4 a des difficultés pour suivre le travail scolaire.

En ce qui concerne le jeu et la détente, la moitié des enfants disent qu’ils jouent avec leurs frères et sœurs, mais un sur cinq doit jouer seul. Chez les jeunes, la majorité voit ses amis en ligne. De plus, 1 jeune sur 2 voit ses amis en vrai, tout en respectant la distance nécessaire. La plupart des enfants et des jeunes disposent d'un endroit bien à eux où ils peuvent s’isoler tranquillement. Mais 16% des enfants et 17% des jeunes disent ne pas en avoir. Chez les jeunes, 1 sur 10 dit ne pas pouvoir bien se détendre à la maison. Il y a beaucoup d'enfants et de jeunes qui ne sortent plus ou seulement occasionnellement. Parce qu’ils ne peuvent pas, par crainte du Coronavirus, parce qu'ils sont seuls ou parce que leurs parents ou accompagnants n’en ont pas le temps ni l’envie.

« Il est indéniable que les mesures relatives au Coronavirus ont un impact sur les émotions et le bien-être des enfants et des jeunes. Ces chiffres montrent une fois de plus l'importance d'une information correcte pour réduire l'anxiété et les peurs et pour rétablir l'équilibre », explique Ann De Guchtenaere.

La plateforme JOY est une initiative de la Belgian Pediatric Task Force avec le soutien de toutes les autorités, la Commission nationale pour les droits de l’enfant, une plateforme de concertation entre plus de 90 acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux des droits de l’enfant en Belgique, le Délégué Général aux Droits de l’Enfant, de la Fondation Roi Baudouin et UNICEF Belgique. La plateforme se développera dans les mois à venir avec des mises à jour d’informations pertinentes et un webinaire destiné au personnel enseignant est prévu à la fin du mois d'août. De plus amples informations suivront. Les organisations qui souhaitent être intégrées à la plateforme ou qui souhaitent plus d'informations peuvent nous contacter via le site Web.

Plus d’informations :

www.joy-platform.be

Pour plus d’informations et des demandes d’interviews, merci de prendre contact avec (ne pas publier) : 

Amélie Putmans
amélie@wavemakers.eu
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